Impromptus littéraires

Ma dernière participation aux Impromptus Littéraires ayant pour titre la part d’ombre

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Je ne savais plus quoi faire. Continuer ma vie comme si ce coup de vent n’était jamais arrivé? Pleurer et l’espèrer encore? Me taire dans un silence complet jusqu’à ce qu’enfin, la mort m’emporte? J’avais dû quitté mon studio durant la journée et à mon retour qu’un simple note, déposée sur le buffet de la salle à manger: “Oublie-Moi”.

Je savais peu de son quotidien mais je savais que je ne pouvais me passer de lui. J’avais fait la paix avec ces cachoteries. Cette part d’ombre faisait partie de sa vie et sans elle, il n’aurait pas été l’homme que j’aime tant. J’avais compris que nous ne serons jamais comme les autres et qu’il était possible que je vieillisse avec seulement le souvenir de sa main dans la mienne.

La première page de la lettre était en dessous de la note. J’avais pourtant fait la paix avec ce mensonge-là. Je croyais qu’il en avait terminé avec cette part d’ombre de sa vie. Je ne pourrais jamais l’oublier qu’il soit près ou loin de moi et il le savait.

Il avait laissé tous ses effets sur le pas de la porte; ses clefs, certains vêtements, mais surtout, sa valise de souvenirs. Cette valise je n’avais jamais eu le droit d’en vérifier le contenu. Je me suis retenue de l’ouvrir. Tant que je ne l’ouvrais pas, il était toujours là, à m’interdire doucement de l’ouvrir.

Je ne pu continuer ainsi très longtemps. Après avoir essayé de le rejoindre chez tous ceux qu’il connaissait, à tous les endroits qu’il fréquentait, je me suis résigné aux pleurs. Puis la valise était devant moi, le loquet défait. Je découvrit enfin l’intérieur de la valise. Des photos de moi, de ces fêtes sans fin auxquelles il avait déjà pris part, des photos d’elle… mais aussi des billets de cinéma d’un film que nous avions vu ensemble, des factures de restaurant auxquels nous avions dîner. Il y avait aussi, caché sous une épaisseur de tissu, une petite boîte en fer blanc. Je crus d’abord apercevoir une vieille boîte de biscuits ou encore de chocolats, mais j’y découvrit des seringues et autres accessoires du genre.

Je savais que ce temps était terminé. Mais dans la boîte il y avait une photo d’elle et lui. Était-il retourné auprès d’elle? Non, impossible. C’était terminé les fêtes, l’alcool et la….. Je me suis mise de nouveau à pleurer. J’ai voulu déchirer la photo. Mais c’est sous cette photo que j’ai trouvé la deuxième partie de la lettre. Elle lui avouait qu’elle était malade. Quatre petites lettres qui voulait tant en dire. La première page était pourtant si tendre, elle s’ennuyait de lui et ne pouvait vivre sans lui. Derrière la photo il m’écrivait son amour et disait: L’amour est cette ombre parfumée qui ne vous quitte jamais.

La part d’ombre était, cette fois-ci, plus forte que celle de la lumière.

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2 commentaires sur “Impromptus littéraires”

  1. xjanesatticx Says:

    Très intense! Très belle plume que tu as 🙂

  2. Ti-Brin Says:

    merci merci 🙂 jme ressaie… j avais comme laissé ca de coté mais là ces temps-ci j ai plus le temps dans ma tête pour ca


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